Montagne en Scène

 L’étape Toulousaine de Montagne en Scène, c’était le mardi 12 novembre 2013 et on y était! Cette nouvelle version de la « Nuit de la Montagne » s’exporte désormais au cœur de huit villes étapes. Le principe est simple: apporter les sommets dans les plus grandes villes de France! Du coup chez Pow-wow, on ne recule devant rien, on est descendu de la montagne pour aller voir les sommets … en ville! (cherchez l’erreur)

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 Direction la capitale, on quitte notre vallée sous une pluie battante (ça pose grave là haut! ). Un peu short niveau timing, on jette la voiture dans un parking sous-terrain et on court montrer fièrement nos billets au guichetier, interloqué.

-« Non monsieur, ici c’est l’UGC … le Gaumont, c’est le cinéma d’en face ! »

 Hilarité générale, on s’empresse de traverser la place Wilson pour se glisser pile poil à l’heure dans les fauteuils. La première salle est pleine depuis un moment mais c’était sans compter un Totom des grands soirs: quatre sièges nous attendent en plein centre de la salle, royal !

 La projection démarre par un petit bonus, Unicorn Sashimi en guise d’apéritif, on ne boude pas notre plaisir. Devant l’immensité du plus grand écran du monde (du Sud Ouest), on se laisse emporter par la poésie d’une bande-son posée à la perfection sur des images de poudreuses sans fond.

 Bien installé ? La soirée peut commencer. On embarque sur le Golden Fleece pour une traversée entre les Malouines et l’Antarctique. Cinq jours de navigation dans les mers les plus démontées du monde. Pour avoir une idée, l’image la plus parlante reste « un manège qui vous rend malade et duquel vous ne pouvez pas descendre ». Une fois en Antarctique, quand la qualité de la neige ne répond pas aux attentes du trip, l’ambiance se dégrade. Pour Xavier De Le Rue et Lucas Debari, la ligne espérée devient une quête derrière laquelle une équipe de dix personnes s’efface pour en sublimer les images. Ils en ramèneront des séquences inédites que TimeLine nous sert à la sauce documentaire. On comprend que notre snowboarder pyrénéen ait besoin de changement (l’héliski en Alaska tous les ans, c’est lassant …). Il lui faut plus d’aventure, un challenge à son niveau, de nouveaux défis et le pari est réussi pour cette Mission Antarctic. Par contre, pour nos prochaines vacances, entre la glace à poisson et l’hélico-powpow, on a déjà choisi … pas vous ?!

625593_664017950299000_1818271108_n©Xavier De Le Rue

 -« What the fuck i am doing here ?! » C’est la question que se posent à plusieurs reprises Cory Richards, Simone Moro et Denis Urubko lors de la réalisation de la première ascension hivernale d’un des cinq 8000 mètres que compte le Pakistan. Les tentatives des seize expéditions précédentes sont restées infructueuses. Malgré la chaleur de la salle pleine à craquer, les températures que subissent nos trois protagonistes donnent des frissons: -47°C vers 5900 m! Au fur et à mesure, le sommet se rapproche, les idées noires aussi, la fatigue s’accumule et la mort rôde. Au travers des rushs filmés caméra au point, Cory Richards fait transpirer ses pensées en y insérant des vidéos souvenirs émouvantes.  Le Gasherbrum II ? Trop Cold pour nous !

  Entre  I Believe I Can Fly, Summits of my life ou Petit Bus Rouge, ce ne sont pas les projets qui manquent pour le réalisateur Séb’ Montaz Rosset. Le dernier en date a été tourné l’hiver dernier dans le massif du Mont-Blanc. L’idée d’un film s’est dessinée au fil de la saison. Le ski de pente raide, c’est d’abord une affaire de bonnes personnes aux bons moments aux bons endroits. Les premières secondes du film laissent apparaître Vivian Bruchez et Kilian Jornet en « dry ski » dans la première descente intégrale de l’éperon Migot au Chardonnet. Les anciens ont déjà bien écumé le terrain de jeu et, pour innover, la nouvelle génération joue à limiter l’utilisation de la corde. Du coup, on retrouve régulièrement Vivian Bruchez en train d’expliquer comment raffûter ses cares sur les rochers sans se la coller … « T’es pas bien là ?« . La musique créée par Zikali rajoute à l’ambiance volontairement old school, hommage à la grande époque du ski de pente raide. Séb’ Montaz trouve une nouvelle fois le bon équilibre entre partage, découverte, exploits, humour, images de ski et portraits. Après la diffusion, Vivian Bruchez a la gentillesse de se prêter au jeu des questions/réponses avec le public sans prise de tête. Chez Pow-wow, on est fan de l’esprit, on valide, on aime et on le dit !

 Il fallait bien une entracte pour se remettre de nos émotions avant d’attaquer le gros morceau de la soirée. Après deux teasers à couper le souffle, Into The Mind est LE film que tout le monde attend. Pourtant, le présentateur annonce la couleur. Les organisateurs ont sélectionné ce film sans avoir la possibilité de le voir, il nous prévient que le style est différent. Ici, pas de blabla mais du ski, du ski et encore du ski. Trop? En tout cas, nos attentes sont refroidies et entre les lignes, on pourrait comprendre qu’on risque d’être déçu. On est quand même resté pour voir ça et grand bien nous en a pris. Je n’ai pas souvenir d’une telle claque visuelle dans un film de ski. Quand Sherpas Cinema met les grands moyens, ça ne rigole pas! Les effets spéciaux sont renversants. La définition des meilleures caméras et le travail en post-production éclatent les standards actuels de la toile blanche. Cependant et comme souvent, le fil conducteur d’un opus à gros budget reste le talon d’achile. Les différentes sessions filmées aux quatre coins du globe sont reliées entre elles par un énorme crash visible dans le dernier trailer. La vie, la mort, l’amour de la montagne, le dépassement de soi ou le renoncement sont autant de thèmes évoqués sous forme de chapitre. Je dis « évoqués » car tout se déroule sans un mot. Du coup, on regrette quelques longueurs sur la fin (… mais si, vous savez … comme dans Wall-E). Sans faire les difficiles, après presque trois heures de film dans les yeux, on se serait bien passé de quelques segments.

 Avant de quitter la salle, on laisse le bulletin de vote pour élire le prix du public. L’indigestion provoqué par le dernier quart d’heure facilite notre choix. En attendant de connaître les résultats officiels, le coup de cœur de la rédac’ revient à « T’es pas bien là? Downside Up » de Séb’ Montaz Rosset. On sort partager nos impressions devant une bière en terrasse au Capitole pour profiter jusqu’au bout des plaisirs de la ville et on retourne dans nos montagnes. On est fin prêt à sortir les planches!! C’est quand qu’on ski ?!

-« On est garé où déjà ?! »                                                                       -« heu … je crois que le parking s’appelle Vinci … »

Texte : GaeL P.

2 commentaires sur “Montagne en Scène

  1. on a finalement retrouvé la voiture…
    ambiance montagne à Toulouse ou l’inverse…
    super soirée…
    coup de coeur pour Cold… seul film alpi au programme. 😉

  2. Ping : International Freeride Film Festival #9 | Pow-wow Mag

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