Julien Mazard nous présente Really

Doit-on encore réellement présenter Julien Mazard ?
Mis sur le devant de la scène grâce à sa génialissime websérie What’s Your Name, le producteur ne se cantonne pas à ce domaine pour autant. Amoureux de la nature mais également de belles images, ce boulimique des arts visuels sillonne le monde à la recherche de spots toujours plus fous. De Teahupoo, aux faces alpines, le réalisateur poursuit son aventure en montant une nouvelle boite de production nommée Mazcor Média. À la recherche d’une véritable pureté visuelle et d’histoires authentiques, « Maz » n’a décidément pas terminé de nous faire rêver au travers de ses projets…

Fraîchement reconnu par Viméo et son célèbre « Staff Pick« , son dernier projet, Really se centre sur Jérémy Prevost. Un skieur d’expérience, qui a connu ses heures de gloires sur le Freeride World Tour et qui aujourd’hui, continue à skier avec la même motivation qu’aux premiers jours.

Magnifié par de sublimes rushs et accompagné d’une bande sonore poétique, Really est certainement plus qu’un simple film de ski… il est une ode à la (vraie) vie, faite de moments de gloire mais aussi de doute, de peur et d’interrogation. Trouver son bonheur malgré les embûches, tout en continuant d’avancer sans jamais parvenir à se lasser, ne serait-ce pas ça finalement la clé ?

Salut Julien y’a du nouveau dans l’air du côté de chez Mazcor, non ?

Mazcor est une histoire qui me suit depuis que je suis jeune. On avait créé cela avec un pote, on avait fait des tee-shirts et tout. Après, c’est devenu une asso où l’on créait des évènements et où l’on continuait également à faire quelques fringues. C’était un peu le rêve de chaque jeune à l’époque de créer sa propre marque. J’avais déjà monté ma boite de création de contenus mais je ne lui avais pas forcément donné de nom jusqu’à présent et c’était en stand-by depuis quelque temps… Alors je me suis dis pourquoi ne pas continuer l’aventure et faire Mazcor média.

Tu vas te tourner vers quels genres de projets ? Est-ce uniquement de l’image ?

L’idée est de proposer de la création de contenus en lien avec les sports de glisse mais cela peut être également du film documentaire, des clips musicaux, des pubs… le champ est assez large. Autant en vidéo qu’en photo, l’intérêt serait de se tourner vers des projets « qualitatifs » et de travailler l’image au maximum.

Tu as des projets en cours ?

L’été dernier, on a réalisé un projet de surf, nous sommes partis à Teahupoo. L’idée était de mettre en avant des surfeurs tahitiens. Des locaux qui surfent « fort » et qui ne sont pas forcément connus. Ce projet devrait sortir au printemps.

Parlons de Really, ce n’est pas la première fois que l’on voit Jérémy Prevost dans tes films. Ce projet se centre uniquement sur lui, est-ce un simple hasard ou Jérémy est un skieur qui t’inspire beaucoup ?

C’est un des gars avec qui j’ai eu la chance de travailler depuis un bon moment. On avait déjà fait des projets ensemble et là, il cherchait à faire un truc vraiment personnelle. Il voulait essayer de se recentrer. Il avait fait beaucoup de compétitions ainsi que des projets et là, il voulait rester à Méribel chez lui, pour essayer d’être justement le maître de celui-ci. Notamment dans la planification, s’il voulait skier tel jour à tel endroit, c’était bien plus facile à organiser.

De mon côté, je suis monté plusieurs fois dans l’hiver, on s’est calés sur les créneaux de bonnes conditions.


Jérémy est skieur qui à une grosse expérience, peux-tu nous en parler ?

C’est un mec qui est super à l’aise sur de superbes faces et qui peut skier très fort. Il a un « ski » ultra efficace. C’est dans les pentes engagées que tu vois vraiment toute l’efficacité de sa maîtrise et c’est justement sur ce genre de terrain, que tu le vois lui-même. Il mériterait vraiment de faire plus de gros projets !

Ce n’est pas forcément un alpiniste pur mais c’est quelqu’un qui va énormément en montagne et cela en est aussi, un véritable amoureux ! Il skie tous les jours, peu importe les conditions, s’il ne peut pas skier, il va faire de la rando ou faire des couloirs. Ce qui est incroyable, c’est qu’il va être quasi tous les jours  de l’hiver sur les planches.

On te voyait en freestyle avec What’s Your Name et maintenant, on te voit de plus en plus vers des projets typés « montagne », serait-ce ton évolution ?

Non, je pense que What’s Your Name (WYN) a été plus médiatisé que les autres projets car il a montré l’identité pyrénéenne. Du coup, les gens en ont peut-être plus parlé mais si tu regardes les projets que je faisais avant, notamment avec Dakine, ils étaient déjà orientés montagne. Finalement WYN est une parenthèse dans mon univers, par rapport à l’inverse. WYN est vraiment un moment où l’on s’éclate entre potes ! On a une liberté énorme, on fait les cons et on délire ! C’est vraiment ça l’idée !

« Sur ce film, nous n’étions pas là pour faire du buzz, ni des milliers de vues mais plutôt pour produire quelque chose de beau. »

Ce film est plus fait pour être vu tranquillement dans son canapé ou au cinéma. On voulait s’éclater à faire quelque chose de beau, si y’avait cinq-cents personnes qui regardaient le film mais que ces cinq-cents l’appréciaient à la fin… C’était cool et c’est vraiment ça le leitmotiv de Really !

C’est vraiment le travail de l’image qui m’intéresse. Le fait d’avoir un beau rendu pour obtenir au final quelque chose d’assez épuré et de « clean ».

Y’a un message derrière ce film, non ?

Oui comme je te disais, c’est par rapport à Jérem. Il a voulu se recentrer, c’est quelqu’un qui a fait des podiums sur le World Tour, notamment une belle deuxième place à Verbier. Il a eu tous ces podiums là et il y a un moment, où le FWT était peut-être plus tourné vers le freestyle et du coup, lui s’est fait sortir. Derrière, il a pas mal voyagé, il a fait pas mal de trucs et là, il avait vraiment envie de se retrouver.

« Réfléchir un peu moins à l’organisation, skier à la maison, se ressourcer et simplement PROFITER. C’est ça le message !« 

Profitez simplement de pouvoir skier tous les jours et jouer avec tout ce que tu peux rencontrer quand tu as une carrière professionnelle : les plaisirs mais aussi les moments de doute, les moments de peur… ce sont toutes ces choses que nous voulions mettre en avant au lieu de mettre une simple voix off qui dit ce genre de choses.



C’est un condensé de sentiments personnels qu’on a essayé de mettre en avant via les voix off mais aussi, avec les images. Comme le moment où tu vois les rushs avec le brouillard, ils créaient une ambiance un peu pesante. C’est la fois hyper beau mais en même temps cela peut te mettre hyper mal à l’aise. C’est un peu ce que les gens peuvent ressentir à n’importe quel moment de la vie, où tu apprécies d’une certaine manière et d’une autre pas. C’est un peu un manière schématisée et métaphorique de représenter la vie d’une personne et peut-être plus particulièrement, celle d’un skieur pro…

Photos : Julien Mazard.
Propos recueillis : Anthony Bonal.

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