Le Trail du Toit du Monde… bref j’ai couru au Tibet !

Voilà maintenant un mois que je suis rentrée de cette fabuleuse aventure.
Un mois où il m’a été difficile de mettre des mots sur ce que j’ai vécu là-bas, sur ce que j’ai vécu en moi. C’est bizarre mais j’ai vraiment du mal à rentrer, à quitter ce pays, cette quête de liberté…
Il y a des destinations qui vous bouleversent, pour qui le coup de coeur est tellement fort qu’une partie de vous-même reste la bas et vous laisse l’étrange sensation à votre retour de ne pas être tout à fait rentrée.

Le Tibet… le simple fait de prononcer ce mot, fait naître à tous les voyageurs, des rêves d’aventure ! Depuis mon enfance, je faisais partie de ceux là (Merci Tintin !)
Je rêvais de ces sommets lointains, de ces plaines désertiques, des drapeaux à prières, des monastères… ce pays interdit, inaccessible.
Je le rêvais, sans jamais imaginer pouvoir un jour y aller…

C’est alors que le hasard est venu frapper à ma porte !
« Coucou Pauline, je pars faire une course au Tibet au printemps. Tu peux te joindre à nous si ça te dit !  »
Il ne m’a pas fallu longtemps pour prendre ma décision ! Quel beau cadeau, Merci la vie !
Bon certes, il y a le côté course qui me fiche une trouille monstre (je DÉTESTE la compétition !) mais je ne pouvais pas passer à côté de cette opportunité ! Je suis sportive, entraînée, j’ai déjà fait deux 4000m… quelle importance si je finis dernière, le principal étant de partir à la découverte des terres tibétaines !
Et cerise sur le gâteau, une partie des bénéfices dégagés est réinvestie dans des actions humanitaires au Népal ! Là il n’y a plus de doute, c’est parti !

Me voilà embarquée aux côtés de trois autres Bagnerais ! Christophe (Merci au hasard de ne pas exister !), Claire et Clément. En plus de partir à la découverte d’un pays, j’ai la chance de découvrir ces trois personnes… et quelles personnes ! Les meilleurs compagnons de voyage que je pouvais espérer !

Après quelques jours passés à arpenter Pékin et ses alentours, nous embarquons pour Lhassa.
C’est avec une certaine joie que je quitte la ( vraie ) Chine… la Chine et sa fausse démocratie, c’est définitivement pas ma tasse de thé !

Atterrissage à Lhassa, le ton est donné ! Des bouteilles d’oxygènes sont en vente dés notre sortie de l’avion ! Il faut savoir que la capitale tibétaine se trouve tout de même à 3800m d’altitude ! Comme dirait Claire : « t’imagines c’est comme si on était au dessus du Pic du Midi !!!!  »

C’est parti, la sensation de manquer d’air, l’essoufflement, le coeur qui bat la chamade, ne nous quitteront plus pendant ces 15 jours ! De quoi rendre un hypocondriaque complément fou !!!
Je fais la maligne, mais l’expérience de cette course, entre la haute altitude et l’effort physique, a été un véritable combat ! Un combat de mon corps pour s’adapter, pour résister mais surtout un combat intérieur contre mes peurs, le manque de confiance et les doutes !

Nous enchaînons donc les étapes, entre 4000 mètres et 5300 mètres, partant de Lhassa pour atteindre le camp de base de l’Everest.

Ce qui est extrêmement déstabilisant avec l’altitude, en plus des manifestations physiques (migraines, nausées, insomnies, apnées du sommeil,…), c’est que l’on ne sait jamais comment on va être d’une journée à l’autre ! Un jour on se sent super bien, prêt à découdre avec le chrono, le lendemain on se sent épuisé, les jambes sont lourdes et ne veulent plus avancer !
J’ai d’ailleurs pu expérimenter un super truc ! La BIHA ! La quoi ?! La bronchite irritative de haute altitude !
Je ne comprenais pas pourquoi il fallait TOUT LE TEMPS mettre son Buff devant la bouche et le nez ! Quelle idée ! On a déjà du mal à respirer, alors pourquoi s’amuser à se compliquer la vie !
Ha be tient, là tu l’as ! Les bronches en feu, qui au moindre contact avec l’air se mettent à brûler ! Un régal ! Sans parler de la toux et du mal de gorge ! Mais tout ça ce n’est rien à côté des crises d’asthmes ! Moi qui n’en avais jamais eu, la Ventoline et le Becotide sont devenus mes meilleurs amis !

Bon heureusement ça c’était les 10% pénible du voyage (avec les toilettes tibétains qui s’apparentent à de véritables étables, avec le bruit et l’odeur en prime !! Au revoir l’intimité et bonjour les fesses de la voisine (!) et bien évidemment l’emprise de la Chine qui essaie par tous les moyens de faire disparaître la culture tibétaine mais ça on y reviendra plus tard !)

Pour le reste, quel enchantement ! Vivre au plus près des tibétains, camper, marcher et même parfois courir (on était là pour ça tout de même !!) au milieu de paysages sauvages, voir des marmottes, des chiens de prairies, des antilopes, des troupeaux de yaks… Se laisser envoûter par la mélodie des prières tibétaines, manger, rire, pleurer mais surtout rire ! Et puis partager ! Partager des sourires avec la population, partager des moments forts avec le groupe, partager des instants privilégiés avec ma super binôme de choc, et plus que jamais AIMER, aimer de tout son cœur et de toute son âme ! Voyager c’est vivre intensément et en accéléré ! Tout y est plus fort, plus intense, plus beau !
Peut être simplement parce qu’on s’autorise à vivre dans l’ici et maintenant, détaché des préoccupations du quotidien…

Et bien évidement, l’ultime récompense, découvrir le toit du monde : l’EVEREST (ou le Qomolangma en tibétain)
Quelle émotion de se retrouver au pied de ce géant ! Il est là face à nous, majestueux… on a du mal à le quitter des yeux, il prend toute la place, tout l’espace et nous plonge dans une sensation étrange entre le rêve et la réalité… Il faut presque se pincer pour réaliser que « Oui c’est bien lui, on y est » !

Ce rêve est malheureusement terni par l’histoire douloureuse de ce pays. Je m’étais renseignée, j’avais lu des livres, regardé des reportages mais je ne pensais pas être autant surprise par le fonctionnement de la Chine.
J’ai longuement hésité à partager mes opinions dans cet article, mais après avoir (mal)vécu la censure sur place, je n’ai plus envie de me taire !
Les tibétains sont surveillés, rabaissés, mis de côté. La Chine fait tout pour éteindre leur culture, en installant notamment sur place un nombre incalculable de chinois. Ils construisent à tout va des quartiers résidentiels pour gentils petits chinois, obligeant ainsi les tibétains à travailler comme des forcenés.
Lors d’une étape avortée à cause de mes fameuses crises d’asthmes, nous avons été recueillies avec Claire par deux jeunes femmes tibétaines. Elles ne parlaient pas anglais mais nous avons tout de même réussi à communiquer. Elles m’ont expliqué qu’elles avaient été séparées de leurs enfants qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres, pour venir travailler sur un chantier routier ! Et tout ça j’imagine pour un salaire dérisoire ! Bref je ne vais pas m’étendre sur le sujet, car ce n’est pas le lieu mais vous aurez bien compris ma position sur le sujet… #freetibet


Plus de photos par ici

Pour conclure, cette course fut une expérience extrêmement enrichissante. J’ai appris à me dépasser, à faire confiance en mon corps et à l’écouter. Il a su m’arrêter quand je perdais de vue, ce qui est pour moi l’essence même du voyage : prendre le temps de vivre et ressentir avec le cœur ! À trop vouloir être dans la performance, j’en avais oublié l’essentiel ! Merci mon corps de m’avoir remis sur le bon chemin !

Merci aussi à ma super coéquipière Claire, merci pour ton soutien, ton sourire et pour tous ces moments partagés !

Et bien sûr Merci à Dawa Sherpa et Annie sans qui tout ça n’aurait pu être possible. À Patrick aussi !
Et à tous les membres de ce fabuleux groupe #LOVE ( sans oublier Claire n°2 ma formidable coloc de tente !)

Et comme Pow-Wow Mag est avant tout un lieu de partage, j’aimerai terminer cet article par vous faire découvrir le travail d’un jeune photographe talentueux pour qui le monde n’a presque plus de secret (et qui a su nous mettre en valeur pendant la course malgré nos têtes bouffies et fatiguées !!!) : Christophe ANGOT

Pour plus d’informations concernant le déroulement de la course, c’est sur le site de DAWA SHERPA que ça se passe : Dawa Sherpa Experiences

TEXTE ET PHOTOS : Pauline VIGNEAU

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